Numéro 51, 16 février 2009
Préfixes savants et trait d’union
Faut-il vraiment
supprimer les traits d’union dans l’écriture des termes anatomiques,
comme le suggère Antidote pour le mot costo-claviculaire ? De même
pour les termes chimiques ?
L’adjectif costo-claviculaire
est actuellement inconnu du dictionnaire d’Antidote (nous allons
l’ajouter), qui recense par ailleurs plusieurs termes anatomiques du
même type :
acromio-claviculaire
coraco-claviculaire
sterno-claviculaire
Ils
sont formés avec un préfixe savant, habituellement d’origine grecque
ou
latine, se terminant fréquemment par les voyelles
o ou
i. Ces préfixes
savants ne sont pas des mots français qui peuvent s’employer de façon
autonome, contrairement, par exemple, au mot
timbre dans
le nom composé
timbre-poste,
ou encore à
pied
dans
pied-de-biche. Par ailleurs, l’élément
claviculaire peut
exister de façon autonome en français comme adjectif
(« relatif à la
clavicule »). Lorsque des mots composés de ce type sont d’un
emploi fréquent, surtout s’ils sont utilisés dans le langage courant,
ils
sont souvent écrits soudés, sans trait d’union :
agroalimentaire
cardiovasculaire
géostationnaire
immunodéficitaire
Cette tendance vers la soudure ne se fait pas
au même rythme pour tous les mots et il arrive que deux variantes (avec et sans trait
d’union) coexistent dans l’usage ou dans les dictionnaires.
Les mots qui résistent le plus à la soudure sont
peut-être ceux dont le sens risque de s’opacifier le plus dans le
processus. Par exemple, un lecteur profane pourrait hésiter devant le
mot
soudé coracoclaviculaire :
où le préfixe finit-il et où le radical commence-t-il ?
S’agit-il ici du préfixe co-
(« avec ») ?
Cela dit, sur cette question, les rectifications
orthographiques, proposées en 1990 par le Conseil supérieur
de la langue française avec l’appui de l’Académie française,
recommandent de
remplacer le trait d’union par la soudure dans les mots formés de
préfixes savants non autonomes, en particulier ceux en -o.
Exceptionnellement, cette soudure sera interdite si elle peut engendrer une mauvaise prononciation ; ainsi, on n’écrira pas vésicoutérin,
mais vésico-utérin,
ni extrautérin,
mais extra-utérin.
Les graphies recommandées par ces rectifications
orthographiques ne sont pas obligatoires, mais elles ne peuvent pas
être considérées comme fautives. Dans Antidote RX, le réglage
du
correcteur lié aux rectifications vous offre trois options :
imposer la graphie traditionnelle (coraco-claviculaire),
imposer la graphie rectifiée (coracoclaviculaire)
ou accepter les deux graphies, ce qui est le réglage conseillé.
Si vous utilisez un mot inconnu d’Antidote,
comme costo-claviculaire,
ces explications devraient vous éclairer dans le choix de la graphie à
adopter.